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« Sur 40 jeunes suivis, 100 % sont aujourd’hui insérés »

Daphné Battaglia, directrice d’Attribut Conseils

Daphné Battaglia est la fondatrice et directrice d’Attribut Conseils, société de gestion des ressources humaines et de coaching basée à Ris-Orangis (Essonne), et habilitée par l’ANPE. Son objectif : lutter contre le chômage des jeunes en quartiers sensibles.

Comment est né Attribut Conseils ?
J’ai créé ce cabinet de placement, fondé sur le coaching individuel et collectif, en 2007. J’ai 44 ans et je travaille depuis 20 ans dans le domaine de la formation professionnelle et du reclassement, dans le secteur associatif puis dans le privé. Attribut Conseils est donc né de mon expérience professionnelle et des nombreux contacts que j’ai noués au fil des années, notamment avec l’ANPE.

Quels sont vos liens avec l’ANPE ?
Attribut Conseils est habilité par l’ANPE. L’ANPE de Corbeil-Essonnes cherchait un prestataire pour mener une action auprès de jeunes demandeurs d’emploi issus des quartiers sensibles. Ils voulaient une prestation novatrice, qui ait des résultats sur la gestion de carrière à moyen et long terme. Le préfet délégué à l’égalité des chances, Alain Zabulon, m’a aussi contactée. Je leur ai proposé une méthode où le coaching est utilisé comme outil pédagogique, pendant une prestation de 6 mois dont 3 mois de suivi en entreprise.

Comment se passent vos sessions de coaching ?
Les jeunes demandeurs d’emploi viennent 3 jours par semaine, toute la journée. La prestation englobe 3 dimensions essentielles. D’abord la dimension personnelle : les freins liés l’emploi, qui peuvent être d’ordre psychologique ; le projet professionnel, souvent très flou ou peu ambitieux... Je les incite à travailler à « n+1 », c’est-à-dire à viser plus haut que leur objectif de départ. La dimension environnementale, ensuite : il s’agit de comprendre comment fonctionnent notre société, les système de la recherche d’emploi et de la formation professionnelle, le monde de l’entreprise, le secteur et le métier visés... La dimension « technique », enfin, qui fait appel à des apprentissages : savoir communiquer, s’organiser, développer ses réseaux, développer ses compétences commerciales... Ces trois dimensions sont très liées, c’est ce qu’on appelle le « trèfle chanceux », selon une théorie québécoise.

Pourquoi utilisez-vous le terme de coaching ? Que signifie-t-il exactement ?
Il signifie que le coach travaille en s’appuyant sur des questions plutôt que sur des injonctions. On oriente le jeune sans le formater, par un échange, un débat. C’est la personne qui définit l’objectif des séances de coaching individuel, et c’est par le jeu de questions qu’il trouve ses propres solutions. Pour les séances de coaching d’équipe, on apprend en faisant, en agissant, et on apprend par les autres, c’est une technique d’apprentissage collaboratif. La recherche d’emploi est un moyen de développer des compétences qui sont transférables et « vendables » en entreprise. Ce qui est intéressant, c’est d’en prendre conscience pour développer son projet professionnel et les mettre en avant lors des entretiens. Cela a un impact sur la confiance en soi, c’est un cercle vertueux.

Après quelques mois d’existence, quel est votre premier bilan ?
Jusqu’à maintenant, nous avons suivi une quarantaine de jeunes, et aujourd’hui 100 % d’entre eux sont insérés dans un emploi ou une formation, dans des secteurs et des métiers très variés, auxquels ils ne s’attendaient pas forcément : une chargée de communication dans un théâtre, une assistante juridique, un technico-commercial dans une société Internet, un autre qui travaille sur l’A380... Pour moi ce n’est pas une surprise, c’était mon objectif !
Article publié le 12 juin 2008
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