A Sophia Antipolis, un programme permet à des demandeurs d’emploi de relancer des « projets dormants » dans les entreprises dans le but de se faire ensuite embaucher.
Suite à l’explosion de la bulle Internet, Sophia Antipolis s’est retrouvé en 2002 avec un grand nombre de cadres chômeurs. Dans ce parc scientifique qui compte plus d’un millier d’entreprises dédiées aux nouvelles technologies, le programme « Sophia s’ouvre aux projets », lancé en 2004 par l’ANPE, l’Assedic, la DDTEFP (Direction Départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle) et l’association Telecom Valley, s’adresse à ces cadres confirmés, sans emploi, prêts à s’investir dans un projet de développement en entreprise.« Il s’agit de proposer à un cadre au chômage une mission de six mois en entreprise pour y développer un projet en sommeil, faute de temps ou d’argent, en pariant que le projet devient rentable et justifie le recrutement du stagiaire-chômeur. Embauche ou pas, l’entreprise s’engage à mettre son réseau à disposition du chômeur, à l’aider à renouer des contacts professionnels », explique Gaëlle Cariou, directrice de l’ANPE d’Antibes. Un programme qui offre une double opportunité, à la fois pour les entreprises de la région et pour les chômeurs qualifiés de longue durée. Concrètement, les candidats sont accueillis avec un statut spécifique (stagiaire de la formation professionnelle ou autre) au sein des sociétés demandeuses. Ils y travaillent pendant un semestre en étant complètement intégrés à la vie de l’entreprise ; on leur remet même une carte de visite de « consultant » leur permettant de valoriser leurs CV.
Du temps pour faire ses preuves
Pour limiter les risques d’abus de la part des entreprises, tout en répondant au mieux à leurs besoins, le projet bénéficie d’un suivi important. Un comité réunissant l’ANPE, l’Assedic, la DDTEFP (Direction Départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle) assure notamment une sélection soignée des entreprises et des réunions bimensuelles avec chaque stagiaire sont organisées. Depuis 2003, 115 chômeurs on été sélectionnés pour participer à l’opération et 100 ont trouvé une solution en CDI, CDD ou création d’entreprises. Au total, le taux de reclassement atteint les 89%. D’ici à la fin de l’année, la quatrième édition de l’opération offrira à une quarantaine de cadres sans emploi de revenir dans le circuit professionnel.