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3 questions à... Cyril Delhay, Auteur de « Promotion ZEP : Des quartiers à Sciences Po »

« Nous allons chercher les talents partout où ils sont »
Quel est l’objectif de ce programme Egalité des chances lancé en 2001 ?
Rétablir l’égalité des chances et aller chercher les talents partout où ils sont. Auparavant, le cloisonnement social était flagrant : 8 à 9 étudiants de Sciences Po sur 10 étaient issus des catégories sociales favorisées. A l’examen d’entrée, comme pour d’autres écoles sélectives, 80 % des admis pouvaient être issus des 30 mêmes lycées, alors qu’il y a 1 600 lycées en France ! Ces inégalités sont synonymes d’appauvrissement : on risque de recruter des élèves certes brillants, mais qui fonctionnent comme des clones.

Comment fonctionne-t-il ?
Le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, a engagé cette démarche en 2000. Lors de sa mise en oeuvre en 2001, nous avions 7 lycées partenaires. Aujourd’hui, nous en avons 56 dans toute la France. Le processus de sélection est différent des traditionnels examens écrits en 1er cycle, mais aussi difficile et rigoureuse : une vingtaine de professionnels se penche sur les candidatures et reçoit les candidats en oral d’admission. Le programme offre ensuite un soutien matériel et financier aux élèves qui en ont besoin. 359 étudiants ont été admis par le biais de ce programme depuis 2001, dont 95 en 2007. Les deux tiers des admis sont boursiers et deux tiers ont au moins un parent né hors de France.

Après 6 ans de fonctionnement, quel premier bilan en tirez-vous ?
Un bilan très positif. Le point fort de ce programme, c’est de s’adresser à l’ensemble des lycéens, y compris ceux qui viennent des filières techniques. Or, beaucoup d’élèves ont été mal orientés : nous leur proposons une autre chance pour affronter des études supérieures auxquelles ils n’auraient pas eu accès auparavant. Une fois à Sciences Po, les étudiants issus de ce programme suivent les mêmes cours et passent les mêmes examens que les autres. Ils réussissent aussi bien et s’insèrent aussi bien sur le marché du travail. CQFD. Cela montre que l’on se privait de nombreux talents ! Ces élèves apportent beaucoup à Sciences Po, cela change l’ambiance et l’état d’esprit. Cette procédure nous montre aussi l’intérêt des entretiens oraux longs, qui permettent de travailler sur la personnalité des candidats. Aucune entreprise ne recruterait une personne pour 5 ans sans l’avoir reçue ! Et c’est souvent ce qui se passe avec des examens trop classiques. Au nom de quoi devrait-on refuser de réfléchir aux modes de sélection ?
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À consulter

sciences-po.fr

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