« Les débouchés des études de maths sont très variés »
À quoi sert l’association Femmes et mathématiques ?
Ses principaux objectifs sont d’agir pour la promotion des femmes dans le milieu mathématique, d’encourager la présence des filles dans les études mathématiques, et d’être un lieu de rencontre entre mathématiciennes et enseignantes de maths. On constate que 6 % seulement de femmes sont professeurs des universités en maths et 12 % en maths appliquées... Pourtant, les mathématiques, c’est passionnant ! Cela demande de l’imagination, il faut prendre son temps, essayer, faire des erreurs, recommencer...
Les jeunes vont-ils moins qu’avant vers les métiers scientifiques ?
La désaffection des jeunes pour les études scientifiques est relative. Elle est claire pour les études scientifiques universitaires, mais pas pour les études scientifiques sélectives (classes prépas, IUT, écoles d’ingénieurs...). Il n’y a certainement pas assez de visibilité concernant les débouchés des études universitaires. Les mathématiques pâtissent aussi de l’idée reçue qu’elles mènent uniquement vers la recherche, où il y a peu de postes, assez mal payés, et l’enseignement. Autre idée reçue : ce sont des études difficiles, qui rebuteraient les jeunes. Or les études de médecine, très difficiles, attirent de plus en plus de monde ! Parmi les meilleurs élèves de terminale scientifique, beaucoup vont vers médecine, en particulier les filles. Après un échec en médecine, je connais plusieurs cas d’étudiant(e)s qui se sont réorienté(e)s vers les statistiques et ont pu intégrer le secteur médical par cette voie là.
Quels sont les débouchés possibles après des études de mathématiques ?
On pense évidemment d’abord à l’enseignement et à la recherche, mais aujourd’hui de plus en plus de secteurs ont besoin de techniciens ou d’ingénieurs pointus en mathématiques. Les principaux débouchés se trouvent dans l’informatique, les banques, l’assurance et la finance. Les masters de mathématiques y sont très recherchés, car ils sont assez polyvalents. Une récente étude de l’APEC a montré que 82 % des diplômés en maths de juin 2006 avaient trouvé un emploi quelques mois plus tard ! Enfin, il faut savoir que les mathématiques ne sont pas seulement présentes là où on les attend (météorologie et espace, médecine et pharmacie...), mais qu’elles s’invitent aussi dans des secteurs comme la protection des données (sécurité et cryptographie), la fiabilité-qualité, la transmission d’informations, l’aide à la décision, l’imagerie médicale ou pour les jeux vidéo... Des débouchés très variés !